AccueilRenault-Nissan : un accord défensif qui suscite de nombreuses questions

Renault-Nissan : un accord défensif qui suscite de nombreuses questions

Malgré l’accord signé entre l’État et le constructeur automobile, renforce la présence de l’État dans le capital, mais offre des garanties à Renault et son partenaire Nissan. Coloré de crainte mutuelle, il ne s’attaque pas à la gestion de l’Alliance, qui a légitimement concrétisé le conflit.

L’accord final entre l’État français et l’Alliance Renault-Nissan, dévoilé vendredi, a été accepté par les deux parties. Une « conclusion positive » salue le ministère de l’Economie dans un communiqué, alors que Carlos Ghosn, le PDG de Renault-Nissan, a applaudi un « accord solide », et qu’Hiroto Saikawa, le négociateur de Nissan, s’est déclaré « très satisfait par cet issue ». N’oublions pas les conseils d’administration de Renault et de Nissan, qui se tenaient simultanément, qui ont tous deux approuvé l’accord « à l’unanimité ».

Cette résolution du conflit est logique, au même titre que le compromis n’avait rien de patent. Depuis la montée étonnante, en avril, de l’État au capital de Renault(à 19,7 %, contre 15 % jusqu’à présent), destinée à bénéficier de l’attribution de droits de vote doubles, le gouvernement et l’association franco-japonaise se sont livré à un bras de fer sans rémission, sur fond de coups de bruits et d’intimidations publiques. Pour régler la crise, les parties ont opté pour un accord juridique très technique, qui suit plus une ligne Maginot plutôt qu’une entente amicale. Chacun peut certainement afficher sa satisfaction.

Premièrement l’État, qui est consolidé en gardant ses droits de vote doubles et donc sa minorité de blocage sur les sujets stratégiques. Mais, pour fait plaisir à Renault et Nissan, il les réduit sur les décisions opérationnelles. Cependant, le détail des décisions montre qu’il existe des méfiances entre les deux. Cela est illustré par la convention qui donne la possibilité à l’État de récupérer ses droits de vote doubles sur tous les sujets en cas d’action inamicale de Nissan.